Vice caché, déclaration du vendeur, inspection préachat : ce que la loi québécoise dit vraiment.
Important : cette page résume des principes généraux du droit québécois à titre informatif. Elle ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation, consultez un avocat ou un notaire.
Oui, selon les circonstances. Les tribunaux québécois ont reconnu que la présence d'ocre ferreuse dans le sol peut constituer un vice caché (notamment Ruel c. Lavoie, 1992, Cour d'appel).
Pour qu'un vice caché soit retenu, l'article 1726 du Code civil du Québec exige quatre critères :
Point crucial : la seule présence d'ocre ne suffit pas. C'est à l'acheteur de prouver, par prépondérance de preuve, l'existence d'un vice caché causé par l'ocre. Et l'acheteur doit lui-même avoir été prudent et diligent au moment de l'achat (Nadeau c. Benoit, 2011).
La « diligence » de l'acheteur, c'est concrètement :
Un acheteur qui a sauté l'inspection aura beaucoup plus de mal à faire reconnaître un vice caché par la suite.
Si vous connaissez l'existence d'un problème d'ocre ferreuse (diagnostic, travaux passés, infiltrations récurrentes), vous devez le divulguer à l'acheteur. Sinon :
En cas de litige, la procédure compte : dénonciation dans un délai raisonnable après la découverte, et mise en demeure préalable avant d'entreprendre les travaux correctifs.
Un problème d'ocre documenté et traité (drain remplacé selon les normes, avec factures et garanties) rassure les acheteurs et limite la décote. À l'inverse, un problème connu mais non traité — ou découvert à l'inspection préachat — fait fuir des acheteurs ou force une réduction de prix substantielle, les correctifs majeurs se chiffrant entre 8 000 $ et 25 000 $.
Conseil de vendeur : si vous soupçonnez de l'ocre, faites l'inspection par caméra avant de mettre en vente. Vendre avec un diagnostic clair et un plan de travaux chiffré vaut toujours mieux que de laisser l'inspecteur de l'acheteur découvrir le problème.